Fête de l'indépendance 1876

Richardson

Membre de l'équipe
IndependanceDayEvent.jpg

Bonjour les cowgirls et cowboys,

Nous vous proposons un concours d'écriture "Role Play" (jeu de rôle si vous préférez)



1876

100e anniversaire de l'Indépendance



Vous venez de célébrer la fête nationale (le 4 juillet, pas le 14 des mangeurs de grenouilles) et vous allez nous raconter ça.

Vous pouvez raconter la préparation des célébrations, la fête elle-même et/ou l'après.

Si vous vous en souvenez...

Sinon, imaginez, inventez, exagérez, brodez, enjolivez, ayez recours à la "réalité objective créative", comme toute personne qui raconte une histoire dont elle est le personnage principal.

Ci-dessous une liste de mots avec les points qu'ils rapportent si vous les incluez dans votre texte.


1 point
2 points
3 points
4 points
Bleu
Soufre
Vairon
Climatisation
Colline
Mesa
Ange
Héraldique
Lune
Vénéneux
Dobro
Kitty Hawk
Frère
Roux
Morue
Mercedes
Étoile
Paradis
Quatrième
Logorrhée
Mur
Treillis
Livre
Salsa
Sombre
Rodéo

Règles :
  • Votre texte devra être posté à la suite dans ce sujet en précisant le monde pour lequel vous participez et en précisant votre pseudo jeu.

  • Vous avez jusqu'au 4 aout 2022 12h00 pour poster votre participation.

  • Une seule participation sera acceptée par personne. En cas de multiples participations, nous nous réservons le droit de disqualifier le joueur.

  • Les participations se font individuellement (les familles, couples, amis et alliances sont concernés par ce message de mise en garde), dans le cas où vous souhaitez le faire à plusieurs, ne jouez que pour un seul compte jeu.

  • Toute tricherie (dont les échanges de réponses entre joueurs et les recopiages) sera sanctionnée par une disqualification immédiate.

  • Le classement sera établi en fonction du nombre de points obtenus.

  • En cas d'égalité, le classement sera établi à l'appréciation de l'équipe.
Récompenses :
  • Premier : 1000 pépites
  • Deuxième : 500 pépites
  • Troisième : 250 pépites
  • Quatrième : 100 pépites
  • Du cinquième au septième : 50 pépites
 
Dernière édition:

Solomon786

Cowboy
En cette année de grâce de 1876 ,
j 'ai decidé de fêter le 100 ème anniversaire de l'indépendance ,
avec ma bien aimée Mercedes ! 8-)

Elle avait les cheveux roux et des yeux vairons qui lui confèrent un regard perçant qui me déstabilise à chaque fois que je l’observe fixement :D

Aprés un bref débat , on a decidé de celébrer cette fête à la ville de Kitty Hawk ,
petite ville calme de la Caroline du Nord , idéale pour la balade en amoureux ,
loin des chahuts et tracas de la grande ville bruyante new york.

Une fois sur place ,
pour impressionner ma bien aimée ,
j'ai participé au concours de Rodéo :dastardly:
et j'ai même raflé la 1ere place :roll:
eh oui , pour moi solomon le sauvage de l'ouest :njub:
tenir le taurau par les cornes c'est comme tirer sur la touffe de cheveux de son frère ! :P

Bref ! Mercedes étais sous le charme ,
avec le prix gagné , on a envisagé d'agrandir la ferme ,
quelques cochons bien gras , des dindons bien dodus ... :roll:
la belle vie quoi ! :njub:

Aprés on est aller visiter le musée d'Art héraldique ,
mains dans la main , on a contemplé des blasons qui ont traversés l'histoire et le temps ,
racontons les gloires de leurs héros.

Dans les allées du musée , Mercedes a rencontrée une amie d'enfance ,
et paraissait mal à l'aise car elle m'as chuchotée ,
que celle ci est incapable de garder un secret avec cette logorrhée qu'elle ne peut pas maîtriser.
Du coup , la rencontre a été brève , Mercedes m'as tenue la main et on est vite partis vers la salle de danse , ensemble on a dansés sur un air de Salsa comme des amoureux ,
on a fait trembler la salle :njub:
dans les regards des gens , on pouvait lire le mot : jalousie ! :roll: :P

Comme la salle a été suffoquante , à l'époque il n'y avait pas de climatisation ,
on a décidés de quitter les lieux.

En allant récuperer nos chevaux ,
derrière le mur de l'étable ,
un riche portugais m'interpelle et me dit :
" Pagarei o dobro do que lhe custou " :blink:
croyant l'insulte , j'ai vite dégainé mon colt et j'allais lui mettre une de ces balles :pifpaf:
pleins entre les yeux et l'envoyer direct voir en enfer si je suis la bas ! :njub:

heueusement , que Mercedes qui parlait le portugais s'est vite interposée ,
et m'as interpréter sa demande à savoir :
" Je vous paierai le double de ce que vous avez payé pour la jument "

connaissant l'adage qui dit :
quand le riche veut acheter quelques choses et que ca lui tiens au coeur ,
il ne regarde pas le prix :whistle:

je me tourne vers Mercedes et lui dit d'interpréter mon offre ,
à savoir que c'est la quatrième offre de la semaine :roll:
et que la jument est à lui s'il est prêt à payer le triple de son prix d'achat :hmf:

le riche hoche sa tête pour dire oui et me tends la mains ,
il sort les dollars , la belle affaire est conclue je vous dis :njub:

Pour fêter tout ca , j'ai invité oh ! ma tant bien aimé Mercedes 8-)
au meilleur restaurant de la ville ,
on a déguster de la Morue :roll:
grillée , en soupe et même en ratatouille :P
je vous raconte pas , c'étais le Paradis ! :D
un vrais cordon bleu le cuistot !
d'ailleurs la salle est pleine ,
ni crise ni confinement :roll:
la qualité en se l'arrache :P
et les plats ca part vite :whistle:

j'ai même pas regardé le prix !
la belle Mercedes à table en face :njub:
un regard révolver et un sourire exquis :D
de la belle morue bien préparée par le chef ,
et le solomon est au paradis :P
le vilain il a même oublié que l'enfer existe :njub:

En compagnie de la belle Mercedes ,
je suis aux anges je vous dis 8-)

Au diable les bobos et les tracas de la terre :P
c'est pour les grincheux tout ca :njub:

De la morue , un feu de bois pour la grillade , un ciel pleins les étoiles , une belle lune ,
la sublime Mercedes à coté et c'est le paradis je vous dis.

toi le grincheux , jaloux va grincher la bas hehe ! :P

la vie peut être un beau plat , faut être un fin gourmet :dastardly:
pour savoir la déguster et connaitre ses saveurs :roll:
et le vilain solomon il en connait quelque chose :P
sacré gourmet je vous dis le vilain hehe :njub:

aprés s'être rassasiés ,
on a decidés ensemble moi et ma bien aimée Mercedes ,
de faire une balade en chevaux dans la mesa du coin ,
un petit plateau à sommet plat et aux versants abrupts.

une fois au sommet de la colline ,
Mercedes dresse un drap bleu ,
sort des noix , amandes et noisettes ,
qui contiennent du soufre , un minéral très important pour l'organisme.

paré de mon beau pantalon treillis Gilbert ,
je me balade avec Mercedes dans le coin ,
et lui enseigne l'art de détecter les champignons vénéneux .

soudain , en voulant cueillir un champignon ,
j'entends le couteau cogner contre du bois ,
je dégage la terre autour ,
et c 'est un coffre ! :blink:

en l'ouvrant , je trouve un livre sombre :oh:
un codex , un grimoire , un vrais don du ciel je vous dis :roll:
que contiens t'il ? allez solomon dis nous !

ah ! ca , c'est une autre histoire :blink:

solomon , ca vous dit quelque chose ? :njub:

alors , vas voir dans l'ouest si je suis labas :lovetw:

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Solomon786
Kentucky
 
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TontonJohn

Capitaine
Monde 1 : TontonJohn

Assis sur les marches du Palais de Justice, je tire doucement sur ma pipe, mes doigts n’étant plus assez agiles depuis longtemps pour me permettre d’en rouler une. J’admire le ballet incessant des automobiles, principalement des Ford T, mais aussi quelques Buick, des Bentley, une poignée de Talbot… j’ai même cru voir une Rolls Royce tourner au coin de la rue… pendant que j’attends patiemment mon petit-fils William.

Un coup de klaxon m’annonce l’arrivée de la Ford T Torpedo de Dobro. D’un superbe bleu roi, cette voiture 4 places semble tout faire pour attirer l’attention, à l’image de son chauffeur. Un sacré numéro ce Dobro. Jamais vraiment compris s’il était tchèque, hongrois ou roumain. Mais il a sauvé la vie de mon fils Franck dans les tranchées françaises, près de Verdun je crois… Depuis, ils sont devenus inséparables, de vrais frères d’armes.

Avec un grincement strident, la voiture s’immobilise devant moi. Une boule d’énergie d’un roux flamboyant me percute avant même que je puisse esquisser le geste de me lever.

_ Grand-père !

A dix ans, il est un peu petit pour son âge, mais sa vitalité et son enthousiasme compensent largement sa taille… la plupart du temps. Difficile de dire si c’est un ange ou un démon. Probablement un peu des deux. Et le sang irlandais qu’il tient de sa mère n’y est surement pas étranger.

Quand mon fils a ramené Kitty Hawk la première fois à la maison, j’ai compris pourquoi il avait pu tomber amoureux de cette fière beauté rousse. Katherine Hawkins, alias Kitty Hawk… mais elle tient plus de la panthère que de la chatte. Surtout quand je l’ai vu le trainer vers son lit, tenant à peine debout, alors qu’elle-même marchait encore droit… avec plusieurs bières d’avance sur lui. Deux mois plus tard il l’épousait, deux de plus et elle était enceinte… et elle n’était qu’à la moitié de son terme quand il est parti se battre en Europe. Quand il a enfin pu tenir son fils dans ses bras, ce dernier avait déjà presque 2 ans.

Enfin, je m’égare un peu. Pardonnez un vieil homme si son récit est parfois décousu …

Alors que Dobro me fait un signe de la main avant de relancer sa machine, William lui me tire déjà par le bras en direction du parc. Tout en me disant que je suis trop vieux pour jouer les nounous, je ne peux m’empêcher de sourire en lui emboitant le pas. Mais doucement. Très doucement. Après tout, je dois l’occuper pendant près de 4 heures, tandis que ses parents aident à préparer les festivités de demain. Demain, le 4 juillet 1926… la 150ème célébration de l’indépendance de notre beau pays.

Connaissant mes préférences, le petit William m’entraîne vers un banc un peu à l’écart, à l’ombre. J’ai déjà une petite idée de ce qu’il va me demander et je fouille ma mémoire pour trouver quelques histoires pour le distraire.

Après m’être assis confortablement, je sors un sac en papier de ma poche, dévoilant quelques pâtisseries pour partager un petit goûter avec lui. Avec la fougue de la jeunesse, il a fini bien avant moi et, sautillant comme un cabri, il file vers la fontaine toute proche pour se laver les mains du sucre qui y colle, et boire à longs traits l’eau rafraîchissante.

Plus calme, il revient s’assoir près de moi et, curieusement, il attend sans rien dire que je finisse mes dernières miettes. Sachant qu’il n’a que peu de patience, je pense le titiller un peu en prenant le temps de recharger ma pipe et de tirer quelques bouffées. Finalement, une fois n’est pas coutume, c’est moi qui suis surpris par son silence et je lui lance un regard interrogateur. Il prend son air le plus sérieux avant, non pas me demander une histoire, mais me poser une question :

_ Dis grand-père, pourquoi toute cette agitation pour demain ? Les autres années, le barbecue du 4 juillet est plus simple, non ?

Je prends le temps de la réflexion, essayant de trouver les mots les plus justes pour expliquer la situation à un enfant. Enfin, avec un petit sourire je me lance :

_ Cette fête, c’est un anniversaire. Et un peu comme pour toi, certaines années sont plus importantes que d’autres. Par exemple, cette année tu vas avoir 10 ans. Pour les hommes, et les femmes bien sur, chaque nouvelle dizaine est importante. Rappelle toi les 40 ans de ton père, l’an dernier. Sa quatrième dizaine. Ta mère avait fait une grosse fête surprise.

_ Oh oui, on s’était bien amusé. Mais je n’ai pas l’impression qu’elle prépare quelque chose pour sa dizaine à elle.

Je ne peux m’empêcher de rire à cette remarque avant de préciser :

_ Tu sais, passé un âge, les femmes n’aiment plus vraiment qu’on leur rappelle qu’elles sont comme nous, qu’elles vieillissent. Elles ont peur qu’on les trouve moins belles sans doute. Enfin, pour en revenir à demain, certaines dates dans l’histoire méritent qu’on les retienne et qu’on les fête. Et les fêtes sont un peu plus importantes, non pas tous les 10 ans, mais plutôt tous les 25 ans je dirais.

Le front de William se plisse tandis qu’il se gratte la tignasse, signe chez lui d’une intense réflexion. Enfin, avec un sourire malicieux, il me demande :

_ Et toi, tu en as connu des fêtes importantes comme ça ?

Hochant la tête en silence, je tire quelques larges bouffées tout en rassemblant mes souvenirs. Enfin, je commence à évoquer les fêtes du centenaire…

« 1876. C’est l’année où j’ai participé au grand Rodéo de Mesa Verde, je t’ai déjà raconté cette histoire. Mais c’était à l’automne, bien après ce 100ème 4 juillet. Voyons que je me rappelle… Ah oui, ce printemps-là, j’avais aidé à convoyer un grand troupeau, pour le compte du ranch Paradis, à Phoenix. Sur le chemin du retour, je m’étais arrêté quelques jours dans les collines. Il faisait très chaud et je profitais de la climatisation naturelle des grottes la journée, et je dormais à la belle étoile. J’ai même chassé au clair de lune. Enfin, je m’écarte du sujet là… Bref, quand je suis rentré en ville, vers la mi-juin, c’était l’effervescence, un peu comme aujourd’hui. Les commerçants repeignaient et décoraient les magasins, le menuisier et son équipe construisaient une estrade, de nombreux charriots apportaient des marchandises de toutes sortes. Imagine, c’était la première fois où j’ai vue une morue. Je détestais l’huile de foie de morue, mais jusque-là, j’ignorais que c’était un poisson. Il faut dire qu’on n’avait pas de livres comme maintenant.

Où en étais-je ? Ah oui, mon arrivée en ville. A l’époque, je me contentais de peu, je louais une petite chambre à l’arrière du bar. Je n’ai même pas eu le temps de poser mes bottes que Mercedes est entrée sans frapper. Je t’ai déjà parlé de Mercedes, non ? Une belle femme et une très bonne danseuse. Bien que parfois un peu sombre d’humeur. Elle m’a appris à danser le flamenco et la salsa… une vraie diablesse. Oh pardon, je perds encore le fil… »

_ Ce n’est pas grave grand-père, c’est aussi ce qui rend toujours tes histoires si intéressantes. Tu as toujours quelque chose à rajouter.

_ Merci mon petit Bill. Voyons…

« Mercedes… Tu sais que c’est grâce à elle que j’ai rencontré ta grand-mère ? Je te raconterais ça un jour. Toujours est-il que ce jour-là, elle avait du travail pour moi. Un riche touriste qui logeait à l’hôtel cherchait un guide pour chasser le puma des montagnes. Et comme tout le monde était déjà bien impliqué dans les préparatifs du 4 juillet, j’étais le meilleur choix possible… probablement le seul d’ailleurs…

Je me suis donc retrouvé à l’hôtel devant un petit bonhomme assez singulier. C’était un Comte russe, un de ces nobles russes blancs qui plus tard ont fuit la révolution bolchévique de 1917. Je l’ai tout de suite trouvé sympathique malgré ses yeux vairons. »

_ C’est quoi des yeux vairons grand-père ?

_ C’est quand quelqu’un n’a pas les yeux de la même couleur. Un œil bleu et un œil marron. En général, ce genre de regard met les gens mal à l’aise, mais bon, on n’y peut rien…

_ Continue grand-père.

« Nous nous sommes mis d’accord sur le prix et la durée de mes services et nous avons pris la route dès le lendemain. La balade vers les montagnes a été très sympathique, même si le Comte était parfois atteint de logorrhée… et avant que tu me demandes, c’est quand quelqu’un ne peut pas s’empêcher de parler. Il parle, parle, parle… jusqu’à ce que sa gorge soit trop sèche pour qu’il puisse continuer.

Pour être honnête, je dois dire que notre expédition n’a pas été un franc succès. J’ai trouvé des traces de puma, mais nous n’avons pas réussi à trouver la bête elle-même. Cependant, nous sommes finalement rentrés en ville plus riches que nous n’en étions partis. Lors de nos soirées autour du feu de camp, il m’a longuement parlé et expliqué l’Héraldique, les différents blasons et écussons qui avaient cours dans la vieille Europe. Et la journée, je lui montrais les dangers de nos régions, les champignons vénéneux, les serpents venimeux.

Mais nous avions convenu d’être de retour en ville le 4 au matin, pour profiter des réjouissances. Et nous n’avons pas été déçus.

C’était incroyable, on aurait dit une ville entièrement nouvelle, pleine de vie, de joie et de couleurs. C’était plus qu’un simple coup de peinture. Sur certains murs, on avait installé des treillis qui disparaissaient presque sous le poids des fleurs et des guirlandes. De longues tables avaient été dressées dans les rues pour disposer le buffet. Je ne pense pas avoir, dans ma longue vie, revu autant de nourritures si riches et si variées au même endroit. Il y avait des musiciens un peu partout, l’air était empli de musiques joyeuses et entrainantes. Banjos, flûtes, guitares, trompettes, violons, accordéons… et même une grosse caisse.

La journée a été folle. La plupart des notables ont prononcé des discours, raconté des anecdotes, porté des toasts. Jusqu’à ce que plus personne ne puisse parler distinctement à cause de tout ce qu’ils avaient bu. Tu verras demain, cela sera sans doute un peu comme ça, même si l’époque n’est plus la même, les gens font toujours la fête de la même façon.

Mais le clou de la journée a été tard dans la nuit. Un gigantesque feu d’artifice. Je n’ai jamais vu autant de fusées exploser dans le ciel, allumant des gerbes d’étincelles multicolores de toutes formes… et de toute beauté. Et malgré tout, ce n’est pas ce que je retiens de cette énorme fête… »

Alors que je plonge dans un silence pensif, le petit Bill me regarde avec de grands yeux étonnés.

_ Et c’est quoi grand-père ?

_ C’est quoi quoi ?

_ Ce que tu as retenu de ce jour-là…

Je rallume une nouvelle fois ma pipe avant de répondre d’une voix douce :

_ L’odeur de soufre dans la nuit. Tous ces feux d’artifices, ces feux de bengales, ont répandu dans l’air une puissante odeur de soufre brûlé… la même que l’on peut sentir sur les champs de batailles. Comme un vibrant rappel des combats menés pour obtenir notre indépendance…

Me redressant, je me lève et je m’apprête à le ramener à ses parents, mais je ne peux m’empêcher de conclure :

_ Je t’ai raconté l’histoire du centenaire, un jour, je te raconterais la fête des 125 ans… comme toi tu raconteras sans doute celle de demain à tes petits-enfants, à la veille du bicentenaire…
 

yanouck

Conseiller
Yanouck - Highlands

Dans mon petit village de Caroline du Nord appelée Kitty Hawk, mon frère et moi, Mercedes, nous avons été missionné pour organiser la grande fête nationale. C’est une fête patriotique qui rappelle le jour de l'anniversaire de la Déclaration d'indépendance de 1776, par laquelle les treize colonies britanniques ont fait sécession, donnant ainsi naissance aux États-Unis d’Amérique (extrait du « guide des États Unis pour les Nuls »). Nous étions fiers et excités par cette mission surtout que cette année nous fêtions les 100 ans !

Il y avait beaucoup de préparation à faire. Il fallait organiser les parades de fanfares, de chars, et le feu d’artifices du soir. Il fallait également décorer le village en rouge, blanc, et bleu, les couleurs de notre drapeau américain. Nous avons fait de grandes affiches que nous avons collées dans tout le bourg sur des treillis.

Le plus important reste bien sûr les retrouvailles en famille et amis autour de joyeux barbecues. C’est là que cela se complique… Dans mon village, c’est toujours difficile de faire une fête sans que cela finisse en bagarre. Les vieilles histoires ressortent toujours (l’alcool aidant)…

Cette année, nous voulions que cette soirée soit un peu originale. Nous avons voulu changé les traditions et ne pas reprendre la fanfare pour le repas du soir. Avec mon frère, nous avons donc invité un orchestre de vihuelas (ancêtre du dobro et de la guitare selon notre illustre « guide des États Unis pour les nuls »). Et oui, quoi de mieux que d’écouter cet instrument au clair de lune, sous les étoiles en partageant un bon repas tous ensemble.

Sur le papier cela devait être le paradis.

Mais là encore, c’était sans connaitre les habitants de mon village !

Voici comment s’est passée finalement cette journée : la fanfare s’est vexée car nous avions invité un orchestre avec des « étrangers » (qui ne sont pas du village) pour le soir. Elle a donc décidé de jouer des airs endiablés qui s’apparente à de nos jours à la salsa. Cela n’a pas plu au maire qui est parti dans une logorrhée sur les traditions et a fait un discours sur les ornements héraldiques américains (blasons de la ville selon encore le très célèbre livre : « le guide des États Unis pour les Nuls »).

Le barbecue aussi a connu son lot de déboires. Il faisait tellement chaud que le système de climatisation des réfrigérateurs des buvettes est tombé en panne. Résultat des courses, la bière était chaude. Ce qui est un sacrilège à Kitty Hawk.

Le barbecue était sous forme de repas partagé. Les gens jouent généralement bien le jeu et on se retrouve avec des bons petits plats. Mais cette année, plusieurs personnes se sont donné le mot et il y a eu des plats comme du vairon, de la morue ou mêmes des champignons vénéneux… Les traditions ont la vie dure. Il a fallu bâillonner le maire pour qu’il ne reparte pas dans ses sempiternels discours patriotiques.

Avec mon frère, nous avons passé notre temps à régler des problèmes. Une personne s’est pris pour un ange est s’est pris un mur. Nous avons du appeler les pompiers. Des jeunes ont fait du rodéo avec leurs chevaux dans un coin sombre d’un bois et l’un d’eux est tombé. Nous avons du rappeler les pompiers. Ils sont revenus une troisième fois, pour un huluberlu qui voulait boire du soufre. Au bout du quatrième appel, les pompiers ne sont plus repartis et sont restés avec nous.

Vous pensiez que cela ne pouvait que mal finir étant donné tous les événements de cette journée ?

Et bien, non ! Avec mon frère nous avons enfin pu souffler au moment du feu d’artifices. Celui-ci était tiré sur la mesa (plateau formé par les restes d'une coulée volcanique et qui forme une colline selon encore « le guide des États Unis pour les Nuls »). La mesa avait pris des reflets roux avec le coucher de soleil. Les gens se sont extasiés et ce fut un pur moment de bonheur. Ce fut magnifique !

L’année prochaine, ce seront d’autres personnes qui s’occuperont de l’organisation. Nous pourrons profiter de cette journée ! Mais nous ne verrons plus cette fête du même œil !

In God we trust ! (pas besoin de citer encore notre « guide des États Unis pour les Nuls », cherchez sur google la traduction ça ira plus vite).
 

mariache320

Retraité
Mariache320, Monde 1
(Désolé pour le pavé, j'ai essayé de faire au plus court ^^) (des fautes, incohérences ou autres doivent encore être présentes, mais j'en ai marre de me relire :D )






Mancos, 4 juillet 2001. Cette petite ville, au pied du parc national du Mesa Verde, s’apprêtait à fêter son Independence Day, comme dans tout le reste des États-Unis. Chaque année, l'allée principale était décorée de banderoles, de ballons, de cocardes, de lampions, mais également de l'ancien blason de la ville retrouvé par le club héraldique dans les archives : un homme au-dessus d'un cheval et un serpent aux pieds de ce dernier. Étrangement, c'était aussi la statue présente à côté du kiosque. Bleu, rouge, blanc. Seules ces trois couleurs étaient autorisées dans toute la bourgade en ce 4 juillet. Les chars se préparaient pour le défilé qui allait succéder au traditionnel rodéo dans l'après-midi. Dans le kiosque, les musiciens faisaient les balances pour le concert du soir. Le dobro du chanteur résonnait à travers les enceintes placées un peu partout dans la ville. La fête allait être grandiose, comme chaque année.

Maman était dans la cuisine, en train de préparer les festivités. Sa spécialité ? Les "fries chickens wings", des ailes de poulet avec une panure qui sent bon les épices de chez elle. Ma maman vient de Louisiane, elle a ramené dans sa valise tout plein d'épices cajun. J'aime quand elle cuisine, ça sent bon dans toute la maison. Et la petite sauce qu'elle prépare pour tremper les wings ? Un petit peu piquante mais juste ce qu'il faut pour me donner envie de me trémousser sur place comme si je dansais la salsa. « Salsa » c'est mon surnom. Tout le monde à la maison m'appelle comme ça depuis aussi longtemps que je me souvienne.



« Maman ! Maman ! » criai-je en entrant dans la cuisine
Qu'est-ce qu'il y a Salsa ? demanda ma mère.
Regarde ce que j'ai trouvé ! Regarde, regarde !
Mais tu vois bien que je n'ai pas le temps ! rouspéta ma mère. Sinon ta sauce ne sera pas prête pour midi et tu vas râler.
Regarde la photo que j'ai trouvée au grenier ! Elle était coincée au milieu des livres tout poussiéreux !
On peut voir ça après si tu veux, répondit-elle gentiment. Mais je t'ai déjà dit que je ne voulais pas que tu ailles au grenier tout seul !
Mais regarde ! La photo ! Le monsieur ressemble à la statue qui est à côté du kiosque !

Maman leva la tête, regarda la photo et fut surprise.

Eh bien, je crois que tu as fait une découverte bien surprenante. Tu sais qui c'est ?
Non. Je le connais ? 'fin, je veux dire, à part la statue.
Tu ne le connais pas vraiment, mais il fait partie de la famille.
Quoi ?
Oui, c'est ton arrière-arrière-arrière-grand-père, dit-elle en souriant.
Attends, tu veux dire que le monsieur de la statue, fait partie de la famille ?
Faisait, mais oui, c'est bien ça. Nous irons voir ta grand-mère cet après-midi, elle te racontera mieux que moi, les exploits de ton ancêtre.

Après le repas, nous partîmes voir Grand-Mère Rosy. Elle habitait dans une résidence pour les gens comme elle, les gens d'un certain âge. « Résidence Le Paradis ». Cela avait l'air de tout sauf du paradis. Il faisait sombre entre les murs, la climatisation n'était pas encore installée, seul un vieux ventilateur tournait au plafond. Mais elle était là, sur son fauteuil, attendant patiemment les occupations de la journée, qui malheureusement n'était plus si nombreuses. Elle est belle ma Grand-Mère Rosy. Malgré son âge, elle garde toujours un regard taquin accentué par ses yeux vairons.


Oh ! Bonjour mon petit Salsa ! Comment vas-tu aujourd'hui ? Ça me fait plaisir de te voir.
Bonjour Mamie Rosy, moi aussi, je suis content de te voir !
Bonjour Maman, on passe un peu à l'improviste aujourd'hui mais Salsa a quelque chose à te demander.
Ah ? Et qu'est-ce donc mon grand ?

L'œil taquin de ma Grand-Mère Rosy commençait à luire. Elle savait que si j'étais là, elle allait pouvoir me raconter une histoire extraordinaire.

Ce matin, je fouillais dans le grenier, bon oui, je sais, maman ne veut pas que j'y aille seul. Et j'ai trouvé cette vieille photo coincée entre des livres. Maman m'a dit qu'il était connu dans la famille et que tu pourrais m'en dire plus !
Montre-moi cela, me demanda-t-elle.


Je sortis la photo de mon sac, la tendit à Mamie Rosy.


Oh ! Mais qui voilà ! Le bel Arthur ! Tu ne le connais pas ?
Non, répondis-je.
Ta maman ne t'en a jamais parlé ?
Non, dis-je en secouant la tête.


Ma maman tenta une réponse mais fut vite coupée par l'envie pressante de ma mamie Rosy pour raconter l'histoire.


Allez, viens ici, je vais te raconter comment est devenu célèbre Arthur.

« Nous sommes le 4 juillet 1886. Mancos va célébrer à sa manière le centenaire de l'indépendance du pays. Pour cela, ils ont décidé d'organiser un spectacle un peu inédit dans la région : monter sur des broncos et tenir le plus longtemps possible. Ce n'était pas la seule attraction du jour, mais elle en serait la principale. Un peu avant 14 h, toute la ville se pressait pour s'asseoir sur les gradins installés pour l'occasion par le comité. Installation rudimentaire : un cercle de gradins en bois, qui faisaient mal aux fesses si l'on restait trop longtemps assis, une protection précaire devant les spectateurs, du sable au centre.
Avant de se rendre à l'attraction, Arthur, ton aïeul, et son ami Rodrigo, le frère de Mercedes, trainaient dans les rues de la ville. Se demandant s'il était bien sage de monter un bronco, ces chevaux avaient la réputation d'être redoutable. Ce qu'ils ne savaient pas, c'est que cachée derrière le treillis garni de clématite jaune comme le soufre, Mercedes les observait. Elle était timide et n'osait pas avouer ses sentiments à Arthur. Les cheveux roux de ton ancêtre lui faisaient chavirer le cœur à chaque fois qu'elle le voyait. Il faut dire qu'une famille d'Irlandais dans le coin, ça ne passait pas inaperçu. Mais revenons à notre célèbre Arthur. Ils avaient croisé la route d'un vieil Indien qui descendait régulièrement en ville pour s'approvisionner avant de regagner dans la colline. Mercedes pu entendre l'avertissement de l'Indien.


« Toi, homme blanc, vainqueur du vénéneux, lune, tu verras. »

Elle prit peur et alla tout raconter à sa mère en exagérant un peu les faits, car elle savait qu'ils allaient participer à cette nouvelle animation pour le centenaire du 4 juillet et elle avait très peur pour son bel Irlandais. Bien sûr, sa mère ne la crut pas et lui dit de le laisser tranquille. Mercedes décida quand même d'aller s'asseoir sur les gradins en bois.

14 heures sonnèrent au clocher de l'église.
Début des festivités. Le commentateur fit une logorrhée interminable, expliquant de long en large que les hommes les plus vaillants étaient attendus pour enfourcher des chevaux sauvages, qu'il fallait être très courageux pour tenir au moins 8s, que c'était un sport d'avenir, que le gagnant repartirait avec huit kilos de morue séchée (oui Salsa, ne me demande pas pourquoi, mais la morue avait son succès à l'époque), et ainsi de suite pendant 15 minutes !

Le premier à tenter l'aventure, fut le fils du maire. Il réussit à monter sur le bronco mais il n'était pas du tout à l'aise. Tout le public entendait le cheval souffler de rage. Puis, on ouvrit la porte, le cheval fit un coup de cul et le fils du maire fut projeté en avant, en moins d'une seconde qu'il faut pour dire ouf. Complètement sonné, il eut du mal à sortir, mais les gens étaient ravis vu le tonnerre d'applaudissement entendu. Les autres participants ne firent pas mieux. Arthur passa en quatrième position, et aussi dernière position. Après lui, plus personne ne voulait passer. Dans les gradins, Mercedes faisait une prière à chaque seconde qui s'écoulaient et elles semblaient interminables. Arthur monta sur le bronco. De grosses gouttes perlaient de son front. Chaleur ? Angoisse ? Va savoir. Le public retint son souffle. Enfin la porte s'ouvrit...

Le cheval est lancé. Et vas-y que je lève la croupe, et vas-y que je me cabre, mais il va partir le gus qui est sur mon dos ?

Arthur tenait bon, cependant les secondes passèrent trop lentement à son goût. Quant... Tout à coup... Un serpent sortit de nulle part, se glissa entre les pattes du cheval ! Celui-ci, ni une ni deux, ne sachant plus où donner de la tête entre le serpent et le gus sur son dos, se mit en furie ! Arthur tenait toujours bon, Mercedes continuait ses prières, le public comptait 3... 4... 5... 6... ... 7... ... ... 8 !!!!!

Ca y est, c'était la fin ! Mais non, à cause du serpent, le cheval était inarrêtable ! Lors d'un dernier enchaînement cabrer/coup de croupe, Arthur fut projeté si haut, qu'il aurait pu toucher les étoiles ! Il retomba comme un sac à patates sur le sable, complètement sonné. Mercedes, ne se fit pas prier pour aller le rejoindre. Quand il ouvrit les yeux, il lui aurait dit « Oh, un ange, suis-je au paradis ? » Mercedes, les larmes aux yeux, lui avoua ses sentiments, mais ça, c'est une autre histoire mon petit Salsa.

Le public avait tellement aimé cet événement qu'avec l’approbation du maire, deux choses furent instaurées : tous les ans, pour le 4 juillet, un tel spectacle serait présent et pour remercier Arthur d'avoir fourni un souvenir mémorable pour ce centenaire, une statue lui serait dédiée. C'est pour cela qu'il y a cette statue à côté du kiosque : Arthur au-dessus d'un bronco et un serpent au pied de ce dernier.
Mais ce que l'histoire ne dit pas, mon petit Salsa, c'est que malgré cette mésaventure, des années plus tard, Arthur fut invité à Kitty Hawk par les frères Wright. Ils avaient entendu parler de ce drôle de vol et s'en étaient inspirés pour leur avion. »



Et voilà, mon petit Salsa, tu sais tout ! termina Grand-Mère Rosy.
Oh merci ! Je ne savais pas tout ça ! C'est trop cool d'avoir un ancêtre si illustre dans la famille ! Quand je vais raconter ça aux copains, ils vont être trop jaloux ! »
FIN

 

Hildoceras

Diplomate
Poignardé par les rayons lumineux du soleil perforant le TREILLIS de la fenêtre de ma piaule, au QUATRIÈME d'un hôtel sordide, mon oeil transmet sa douleur à l'ensemble de mon cerveau qui en explose. Mille ÉTOILES scintillent derrière mes paupières. Je maintiens les yeux fermement clos et tente de me remémorer les événements de la veille. Un goût de castor fermenté et de SOUFRE plombent ma langue. Ça et la tête dans un étau me laissent penser que la fiesta a dû être sauvage. Mais qu'est-ce qui s'est passé ?

La soirée a débuté avec l'arrivée des DOBROs, les FRÈRES Donald et Donovan. Rencontrés une semaine auparavant, venant de leur ranch au pied d'une MESA ou d'une COLLINE près d'Amarillo avec leur soeur MERCEDES pour lui montrer la civilisation après avoir participé à trente RODÉOS sur le chemin. Depuis, leur servant de guide local nous avions écumé les bouges de Chartres Street ou Bourbon Street. Les frères m'avaient vite fait saisir les limites des relations possibles avec leur ANGE de soeur en me collant dès le premier soir contre un MUR d'une ruelle SOMBRE du Quartier Français dans un scénario probablement rodé au vu de l'air blasé de Mercedes.

Donc, hier soir, pour fêter dignement l'indépendance, notre errance a échoué dans la Napoleon's House sur Chartres Street. Les frères paient et je profite de l'ambiance, peu sensible à la lourde décoration à l'HÉRALDIQUE napoléonienne d'abeilles, lettres N et aigles couvrant tous les murs ou vaisselles. L'atmosphère est lourde dans cet été humide où la canicule de la rue se renforce de celle des lampes à pétrole, des cuisines fumantes et des cigares étouffants. Deux négrillons agitent de larges brasseurs d'air en guise de CLIMATISATION mais font peu pour dissiper la chaleur. Déjà un peu parti, je suis nettement plus sensible aux attentions des deux MORUES venues présenter leurs appas contre commandes de boissons quasi VÉNÉNEUSES et fritures noyées de SALSA.

Tout est flou ensuite. Je me suis accroché à la ROUSSE aux yeux VAIRONS, BLEU et vert parce qu'au terme d'une LOGHORRÉE incompréhensible elle m'a sorti en riant "I'm no longer in KITTY HAWK, Carolina", me rappelant mes années sous l'uniforme gris. Nous sommes sortis brinquebalants sous la LUNE. Je lui ai chanté des poésies dignes d'un LIVRE que je n'écrirai jamais. Nous sommes montés chez moi vers le PARADIS...

Et j'ouvre les deux yeux, elle n'est plus là, et mon portefeuille non plus.

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Hildoceras, Montana (j'ai oublié :whistle: )
 

Clint Mille

Diplomate
Cette année-là, nous célébrions le centième anniversaire de notre Indépendance d’une bien particulière façon…

Nous sortions à peine d’une sombre guerre civile, qui nous avait fort heureusement épargnés, en ayant échappé à l’enrôlement. Nous étions trois amis pleins de rêves et d’entrain, passionnés par l’histoire, les langues et la nature.

À l’approche de ses 18 ans, et avant d’entrer à l’Université, ne connaissant pas le sort que nous réservait l’avenir, Theodore avait décidé de vivre une dernière aventure loin des murs de la ville et de son tumulte. Il nous avait entraînés dans cette expédition, James et moi - Richard - malgré nos cinq ou six années de moins.

Nous étions dans la Mesa Verde, en train d’explorer un vieux pueblo du Comté de Montezuma. Dans la colline s’incrustaient de vieilles habitations millénaires où, selon certaines légendes de nos vieux livres, les Espagnols avaient pourchassé les Incas.

Taillés dans la roche, les couloirs semblaient encore hantés par les êtres qui y avaient vécu. L’air qui circulait dans cette étrange architecture semblait comme servir de climatisation, permettant d’ignorer la chaleur du ciel bleu intense ou restant agréable lorsque la lune et les étoiles faisaient leur froide apparition.

Teddy était comme un frère pour nous, nous l’aurions suivi partout, en enfer comme au paradis, sans aucune appréhension. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait plus tard, mais ça c’est une autre histoire… Le seul problème avec lui, c’était qu’il se lançait parfois dans des discours interminables, une véritable diarrhée verbale, comme j’aimais à l’en taquiner, au lieu d’utiliser le chaste mot de logorrhée. Un jour d’ailleurs, je soupçonne qu'il préférera parler plutôt que de se faire soigner si jamais quelque chose lui arrive.

En ce début d’après-midi du quatre juillet 1876, loin de la fièvre des préparatifs de la célébration, nous avons fait une découverte pour le moins étrange : dans un coin plus reculé du pueblo est apparue une statue de María de las Mercedes. Cette référence religieuse espagnole à la Vierge Marie nous a rendus perplexes : les légendes de nos livres disaient-elles vrai ? Serait-ce ici aussi que les Conquistadores espagnols auraient livré bataille aux indiens Incas ?

Alors que nous nous posions mille et une questions, une femme est arrivée. Pas une diablesse sentant le soufre, que du contraire : on aurait dit un ange descendant du ciel. Nous sommes tous trois immédiatement tombés sous son charme et l’avons invitée à partager le reste de la journée avec nous.

Ce quatrième compagnon d’aventure aux atouts féminins nous a vite fait oublier la vénérable statue. Elle était de sang-mêlé, une blanche qui avait été trouvée et adoptée par des Indiens hispanophones de la région. De son ancienne vie, elle avait juste gardé son prénom, Catherine. De sa nouvelle, elle avait été baptisée Œil de Faucon. Adepte des surnoms, Teddy, qui n’avait jamais réussi à trouver un diminutif pour James (moi, j’étais devenu Rich, malgré ma modeste condition), décida aussitôt de la nommer Kitty Hawk. Et ma foi, ça sonnait plutôt bien !

Kitty, donc, qui parlait tantôt espagnol, tantôt anglais, nous emmena au bord d’une rivière où nous avons attrapé vairons et morues grâce à un treillis en tissu (aussi connu sous le nom de filet de pêche NDLR). Ensuite, elle nous a emmenés à la chasse aux champignons, qu’elle nous a assuré être non vénéneux. Nous avons allumé un feu, dont les flammes teintaient de roux le ciel qui se faisait de plus en plus discret, laissant peu à peu la lune et les étoiles apparaître. Kitty s’affairait autour des poissons et des champignons qu’elle a enrobés d’une « salsa secreta » qui s’avéra être délicieusement piquante et douce à la fois.

Teddy tenta bien de la détourner de ses préparatifs, en lui présentant son journal qu’il ne quittait que rarement, et dont la première page montrait fièrement ses armoiries, trois fleurs rouges et une locution latine, un comble pour celui qui avait tant de difficultés avec les langues mortes. Moi qui pensais que l’héraldique était destinée au Moyen-Âge… Ce devait être son côté vieux jeu.

James, lui, avait attrapé sa guitare et tentait de trouver des accords dignes d’éveiller l’intérêt de Kitty. Mais ses piètres tentatives restèrent sans écho. Néanmoins, elle promit de chanter plus tard, accompagnée par la guitare de James si le cœur lui en disait. À ce moment, notre ami changea de couleur, je n’oublierai jamais cet instant !

De mon côté, je n’étais pas non plus indifférent aux charmes de notre ange apparue aussi soudainement que la statue de la Vierge quelques heures plus tôt. Même si je feignais d’être plus distant que mes deux compagnons d’aventure, j’étais loin de me soucier du centenaire de l’Indépendance de notre grande nation. Seuls comptaient les mouvements gracieux de cette femme, sa chevelure incroyable et son formidable regard pétillant.

Après le repas, elle nous chanta « Viento de Vida » d’un groupe local appelé les DoBro. C’est l’histoire de la chance qui tourne, parfois on gagne, parfois on perd… Je suis persuadé que ça aurait un immense succès en étant adapté en anglais, genre « Wheels of Fortune », si évidemment le groupe qui chante trouve un nom un peu moins hispanique.

Cette chanson était tellement entraînante que nous nous sommes tous trois lancés dans un rodéo dansant autour d’elle, chacun tentant de l’attraper pour passer un moment dans ses bras, en la faisant virevolter dans tous les sens. La magie de la soirée avait opéré, loin des feux d’artifice de la commémoration. C’était dans nos cœurs que tout explosait et dans nos yeux à tous que les flammes dansaient. Nous avons passé des heures encore à rire et nous amuser tous ensemble, insouciants du lendemain, jusqu’à un tel sentiment de bien-être que la nuit nous a enveloppés sans crier gare, le sommeil avait repris ses droits.

À notre réveil, la quatrième de la bande avait disparu. Nous ne l’avons plus revue, même si nous avons refait dans tous les sens les chemins par lesquels nous étions passés la veille. Elle s’en est allée comme elle nous était arrivée, de façon totalement inattendue.

Par la suite, j’ai également perdu James de vue. Je sais qu’il s’est lancé dans un incroyable projet de véhicule révolutionnaire. Nous correspondons encore épisodiquement. J’ai par contre encore des rendez-vous réguliers avec Teddy. Et chaque fois, nous reparlons de notre Kitty et de ce 4 juillet qui a été tellement incroyable…

Je suis persuadé que Teddy garde une idée en tête par rapport à cette aventure. Pour ma part, je me suis lancé dans le journalisme. Et comme je le disais, nos routes se sont recroisées plus d’une fois. Je suis heureux et fier de l’homme qu’il est devenu.

* * * *
Clint Mille - Eldorado
 

Bill Dalton

Roi de la gâchette
C'était une belle matinée d'été ce 4 juillet 1876. Le croissant de Lune se devinait encore dans le ciel bleu qui avait remplacé les étoiles. Ce soir, la fête du centième anniversaire de notre indépendance sera grandiose. Le village l'avait préparée depuis des semaines. Il y aurait des combats de chien, des danses endiablées autour de feux de joie et de l'alcool à volonté. Tout le monde dansa la Salsa toute la nuit.

Bill Dalton - Independence
 
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